Nous sommes le 15 et 16 mai 2010. Alors, pour la forme, un petit texte sans photos, non pas que je ne veuille pas en mettre, mais tout simplement que je suis parti pour ces jours de repos avec une pile très fatiguée qui ne m’a autorisé que deux prises de vues, alors, je vais vous raconter.

 

 

Dingboche, est un authentique village des hautes vallées Himalayenne. Au milieu, le ruisselet dans lequel tout le monde lave sa lessive, peu environemental me direz-vous, mais ma foi, c’est séculaire comme tradition. Un véritable village Népalais du khumbu, avec ses terrains délimités par des murets de pierres parfois haut de un mètre. Chaque maison et chaque lodge du village, est entouré. En me promemant, j’ai assisté à des scènes de vie tout aussi séculaires que le lavage de linge dans le ruisselet, une femme changeant son enfant dans des couvertures  de laine de Yak sur le sol tondu. Il fait soleil, mais le froid est mordant à 4 352 m et nous sommes le matin. Un peu plus loin, une autre femme et ses deux enfants enroulés dans des couvertures à même le sol en train de jouer et de défier le temps. Dingboche est un village au confin de deux vallées. Ici les chemins se séparent, mais il n’y a guère que trois itinéraires possibles, celui de la basse vallée par lequel la majorité des Trekkeurs arrivent et les deux chemins qui montent vers les hautes vallées. L’un vers Chukkung, la presque fin de l’une des deux vallées, puisque après c’est le royaume de la haute montagne et l’Island Peak. L’autre par lequel nous sommes arrivé et qui remonte vers le camp de base de l’Everest. Là aussi les Trekkeurs feront demi tour face aux immenses parois que vous connaissez désormais et qui sont le domaine réservé de Sagarmatha.

Je suis allé me plonger dans le cœur du village, sans voyeurisme et de toute façon sans appareil photo pour les raisons que je vous ai indiqué plus haut…et en sortant un peu du chemin principal, j’ai vu, à l’ancienne, à la moyenne agieuse, des hommes qui cassaient des énormes rochers à coup de masse tandis que d’autre, avec des sellettes dans le dos, les transportaient sous une tente pour qu’elles soient taillées à dimension de moêllons identiques pour les construction. Chez nous on appelerai cet endroit une carrière, mais ici, point de mécanisation, ni d’outil simplement de la main d’œuvre, beaucoup de main. Ces pierres de tailles vont non seulement servir pour la construction des maisons, mais aussi pour les futurs Stupa du village.

D’ailleurs, en me rapprochant de la rivière, du torrent, je ne sais comment on peut les appeler tellement le dessin des berges laissent imaginer la furie et l’énormité du cours d’eau à l’époque de la mousson ou à la fonte des neige. Bref, j’ai trouvé l’endroit idéal, unique au monde, près de ce torrent pour un moment de méditation profonde au milieu de cette vallée immense.

Je me suis adossé à un rocher brûlant de ce soleil Himalayen, calé bien à l’abris du vent sournois de cette météo capricieuse, et je me suis fondu dans l’immensité et la profondeur de cette merveilleuse vallée. Au fond, très loin, des montagnes défiant le ciel et les alpinistes. Elles ne seront probablement jamais gravies. Ici les terrains de jeu sont déjà tellement nombreux qu’une grande majorité de parois resteront vierges à jamais.

Me voilà donc baigné de soleil, repus de cette musique que font les torrents en montagne quand ils dévallent les blocs, noyé dans l’immensité du paysage, sa puissance et sa force.

Je sens les forces profondes himalayennes m’envahir, je me laisse aller à ce bohneur simple de la contemplation et je me force à ne penser à rien, si ce n’est à l’objectif suprême