pemba_tenjei_sherpaPremier mai, départ matutinal comme d’habitude. Nous arrivons au camp I après 4 h 30 d’effort dans l’Ice fall, mais les paysages et les sensations sont tellement étonnantes dans ce dédale de séracs qui dépassent parfois 50 m de haut, c’est fabuleux. Parcourir l’Ice fall à la frontale est un gage de sécurité comme partout en montagne, dans les passages exposés. Les sherpas, qui sont bien plus acclimatés que moi filent directement au camp II, alors que nous, nous nous arrêtons au camp I. très belle fin d’après midi se terminant sous le mauvais temps et la neige. La montée au camp II le lendemain se fait dans la brouillasse mêlée d’éclaircie, un ciel étrange auxquels les gens ne sont pas habitués ici. Ici, c’est plutôt soit grand bleu, soit tempête, les giboulées, connaissent pas…

Arrivée au camp II et Thé, Thé, Thé, chocolat, bref tout ce qui peut hydrater le corps, car en altitude, la déshydratation est très forte. Il faut donc boire, beaucoup, jusqu’à 5 litres disent certaines personnes, bon après il faut gérer les sorties de tentes à 6 400 m en pleine nuit et se remémorer les 5 litres buts dans la journée, le lendemain, vous vous arrêtez, à 2 litres…

Nuits, venteuse, limite tempétueuse, sans sommeil ou du moins avec le sommeil de la haute altitude, c’est à dire, n’importe quoi, avec des rêves encore plus n’importe quoi et le matin, une bonne céphalée, rappelant que nous sommes toujours en phase d’acclimatation. La journée suivante fut partagée entre lecture, Ipod, et ballade entres les giboulées. Au soir, un magnifique coucher de soleil, comme seule la haute montagne nous en réserve. Une pureté de ciel incroyable, des couleurs fascinantes, et surtout, au pied de Sagarmatha dans ses derniers rayons dorés. (là je vous ait fait pleurer ? non ?).

Ah, j’oubliais, comme il ne faisait pas très beau à 6 400 m, les sherpas sont partis au nettoyage et ont ramené quelques 106 KG du camp II. Quand je vous disais poubelle, vous en jugerez sur les photos.

Autre particularité, le camp II est le tremplin vers le camp III et le camp IV que nous voyons bien là d’où nous sommes. Alors désolé, mais les norias de Sherpas de toutes les expéditions se succèdent sur ces pentes glacées entre 7 200 et 7 920 m pour acheminer toutes les tentes, les vivres et l’oxygène pour les membres qui tenteront le sommet comme nous. Ce jour 4 mai, le sommet n’a toujours pas été ouvert. Il faut que je vous informe que ce sont des équipes de Sherpas spécialisés qui mettent les cordes en place jusqu’au sommet et ensuite redescendent avant que quiconque s’aventure sur l’arrête sommitale.

Nos sherpas partitont demain le 5 mai en direction du col sud à 7 920 m d’une part pour poser notre matériel, mais surtout pour opérer une première opération à cette altitude, dans la zone de la mort.

Pour, Pemba A, Pemba B et luc, repos deux jours avant de repartir vers le camp III à 7 200m.

 

Concernant Pemba B, que vous avez en portrait, Pemba Tenjei Sherpa, je reviendrais plus longuement sur lui. En 2 006, c’est lui qui a effectué le sauvetage hautement improbable ce cet australien ou autrichien ( à confirmer) qui délirait sur la descente entre 8 848 et 7 920. Un film a d’ailleurs été fait sur cet événement dont certain de vous m’ont parlé. Et bien, c’est PembaTenjei Sherpa, au risque de sa vie qui l’a forcé à la descente en lui donnant son oxygène en ramassant toutes les affaires qu’il laissait tomber, bref, 26 heures, de sauvetage à cette altitude, tout simplement un mutant. Moi, je dis, c’est pas sur l’australien ou l’autrichien qu’il fallait faire un film, mais sur Pemba Tenjei Sherpa. Et dire qu’il m’accompagne tout les jours, une gentillesse hors du commun, une force de la nature…10 fois au soemmet de l' Everest....mais on en reparlera.