24 mai 2010
Toit du Monde 8848 m
Nous sommes le 24 mai 2010,
de retour au camp de base après avoir effectué le sommet le 23 mai à 5 heures
du matin. Un moment inoubliable, extrêmement intense et tant attendu. La
patience mais aussi l’esprit montagne auront été couronné de succès.
Je parle de patience, car le
créneau était réduit au 22 et 23 mai pas plus, ensuite, ce sont les conditions
moussons qui s’installent. Autant vous dire que c’était la cohue sur les camp
d’altitude et quand je dis cohue, je pèse mes mots…bref. Je peux donc vous
confirmer que le col sud à 8 000 m où s’établit le camp IV avant l’assaut,
mérite bien son surnom de" plus haute décharge du monde". En bon deviseur, j’ai
établis à 50 le nombre de Sherpas qu’il faudrait pour mener une véritable
opération d’envergure au col sud. Bien entendu, tout mes amis sherpas sont
d’accord avec moi, les autres expéditions aussi d’ailleurs…je vous laisse juger
sur pièce des photos. Bon, je suis passé outre, même si j’ai meilleure
conscience que les autres, puisque nous en avons redescendu un peu grâce à
l’opération de nettoyage.
Donc, nous voilà au mythique
col sud, face aux derniers 1 000 m de parois à gravir. A coté de nous,
entre 150 et 200 prétendants, tous n’iront pas au bout, on le sait. Bon, à
8 000, c’est oxygène obligatoire sauf pour Pemba qui se paie le luxe de fumer
encore…..dernier réglage des masques, ils annoncent moins 24°C au sommet et 35
à 45 KM/ h de vent en rafale, soit une température ressentie de l’ordre de
moins 30 moins 35°C. Alors, disons qu’on va partir dans les premiers, vers 21
heures. A 19 heures, on jette un coup d’œil dehors pour s’apercevoir que la
majorité de nos concurrents (appelons les comme ça pour le moment) sont déjà à
pied d’oeuvre sur l’arrête…branle bas de combat, on finit nous pâtes en
ajustant les masques et les crampons, et feu, on sort de la tente en courant…. ou
presque. J’avais dis à Pemba, on part les premiers, je ne veux pas prendre de
risques….Alors nous voilà rejoignant assez rapidement la queue leue leue comme
pour monter au camp IV de jour. Et là, je deviens irrascible, le nez dans le
cul de mon prédécesseur et mon poursuivant, le nez dans mon cul, le tout dans
une chaîne d’au mois 100 personnes à en juger par le halo des frontales.
Que faire, ça n’avance à
rien, dès les premiers mètres, les gens sont atomisés, obligé de s’arrêter pour
reprendre leurs souffle et je ne vous parle pas des problèmes de manipulations de
cordes avec leurs grosses moufles et leur non connaissance du matériel…le sang
me bout celui de Pemba aussi et là, décision de montagne, on se détache et on
monte en doublant tout le monde, couloir à 40 / 45° maxi dans de la bonne neige
et au fur et à mesure, par groupe de 10 ou 15, on les double tous, pour se
retrouver loin devant avec tous notre temps pour savourer le reste de
l’itinéraire. Vous allez me dire, savourez, en pleine nuit, à la frontale, mais
oui, mais oui, c’est comme ça que ça se pratique la Haute Montagne. Et nous
voilà, Pemba, Ang Zambou et Chemba en route vers le lever du soleil sur le toit
du monde. Car c’est bien de ce là dont il s’agit, arriver au sommet juste avant
les premiers rayons du soleil. Et nous avons bien fait, de faire le forcing
pour arriver à notre fin, car quand j’ai vu les difficulté techniques à
8 600 m et après sur l’arrête sommitale, y’en a beaucoup qui ne passerait
pas. L’itinéraire est ce qu’on appelle en langage montagne « engagé »
et je vous confirme que passé un certain point dans la voie, aucun secours n’est
envisageable(sic).
La course était engagée avec
le soleil, nous avons gagné, nous sommes arrivés juste avant ses rayons au
sommet, seule une cordée de 4 venant de l’itinéraire Tibétain était déjà là.
Moments ultimes, magiques, indescriptibles, les derniers 100 m sous le sommets
resteront à jamais gravé dans ma mémoire, dans mes yeux, dans mon corps. Des
frissons immenses, et tout d’un coup, rien de plus haut….le sommet, le toit du
monde, mon rêve.
18 mai 2010
de la patience
Bonjour à tous, en direct du camp de base le 18 mai. Nous attendons toujours le créneau météo, probablement entre le 25 et 30 mai. De toute façon, après ces dates, la mousson nous expulsera d'ici à grand coup de trombes d'eau et de neige. les journées se passent en repos et préparatif, chacun attend secrètement l'heure et le jour propice.
souvenez vous de mes indications avant le départ sur les taux de réussite liés notamment à la météo, pas plus de 25 %...
mais bon, nous avons 100% de l'objectif nettoyage dépollution atteint, c'est une grande première et je suis déjà très heureux.
alors, maintenant, compte tenu que nous approchons de la fin et ce pour toutes les expéditions ici présentes, le fuel pour les générateurs se fait très rares. mes messages vont donc être parcimoniques et étalés dans le temps.
Merci à vous tous de votre soutien en tout cas, les sherpas sont ravis de voir leur photos sur internet...on s'amuse beaucoup en attendant "The Créneau". ils ont beaucoup d'humour.
A très bientôt en tout cas
16 mai 2010
dans une immense vallée Himalayenne
Nous sommes le 15 et 16 mai
2010. Alors, pour la forme, un petit texte sans photos, non pas que je ne
veuille pas en mettre, mais tout simplement que je suis parti pour ces jours de
repos avec une pile très fatiguée qui ne m’a autorisé que deux prises de vues,
alors, je vais vous raconter.
Dingboche, est un authentique
village des hautes vallées Himalayenne. Au milieu, le ruisselet dans lequel
tout le monde lave sa lessive, peu environemental me direz-vous, mais ma foi,
c’est séculaire comme tradition. Un véritable village Népalais du khumbu, avec
ses terrains délimités par des murets de pierres parfois haut de un mètre.
Chaque maison et chaque lodge du village, est entouré. En me promemant, j’ai
assisté à des scènes de vie tout aussi séculaires que le lavage de linge dans
le ruisselet, une femme changeant son enfant dans des couvertures de laine de Yak sur le sol tondu. Il fait
soleil, mais le froid est mordant à 4 352 m et nous sommes le matin. Un
peu plus loin, une autre femme et ses
deux enfants enroulés dans des couvertures à même le sol en train de jouer et de défier le temps. Dingboche est
un village au confin de deux vallées. Ici les chemins se séparent, mais il n’y
a guère que trois itinéraires possibles, celui de la basse vallée par lequel la
majorité des Trekkeurs arrivent et les deux chemins qui montent vers les hautes
vallées. L’un vers Chukkung, la presque fin de l’une des deux vallées, puisque
après c’est le royaume de la haute montagne et l’Island Peak. L’autre par
lequel nous sommes arrivé et qui remonte vers le camp de base de l’Everest. Là aussi les Trekkeurs feront demi
tour face aux immenses parois que vous connaissez désormais et qui sont le
domaine réservé de Sagarmatha.
Je suis allé me plonger dans
le cœur du village, sans voyeurisme et de toute façon sans appareil photo pour
les raisons que je vous ai indiqué plus haut…et en sortant un peu du chemin
principal, j’ai vu, à l’ancienne, à la moyenne agieuse, des hommes qui
cassaient des énormes rochers à coup de masse tandis que d’autre, avec des
sellettes dans le dos, les transportaient sous une tente pour qu’elles soient
taillées à dimension de moêllons identiques pour les construction. Chez nous on
appelerai cet endroit une carrière, mais ici, point de mécanisation, ni d’outil
simplement de la main d’œuvre, beaucoup de main. Ces pierres de tailles vont
non seulement servir pour la construction des maisons, mais aussi pour les
futurs Stupa du village.
D’ailleurs, en me rapprochant
de la rivière, du torrent, je ne sais comment on peut les appeler tellement le
dessin des berges laissent imaginer la furie et l’énormité du cours d’eau à
l’époque de la mousson ou à la fonte des neige. Bref, j’ai trouvé l’endroit
idéal, unique au monde, près de ce torrent pour un moment de méditation
profonde au milieu de cette vallée immense.
Je me suis adossé à un rocher
brûlant de ce soleil Himalayen, calé bien à l’abris du vent sournois de cette
météo capricieuse, et je me suis fondu dans l’immensité et la profondeur de
cette merveilleuse vallée. Au fond, très loin, des montagnes défiant le ciel et
les alpinistes. Elles ne seront probablement jamais gravies. Ici les terrains
de jeu sont déjà tellement nombreux qu’une grande majorité de parois resteront
vierges à jamais.
Me voilà donc baigné de
soleil, repus de cette musique que font les torrents en montagne quand ils
dévallent les blocs, noyé dans l’immensité du paysage, sa puissance et sa force.
Je sens les forces profondes himalayennes m’envahir, je me laisse aller à ce bohneur simple de la contemplation et je me force à ne penser à rien, si ce n’est à l’objectif suprême
13 mai 2010
1000 KG de déchets et de la patience à revendre
Nous sommes le 13 mai,
plusieurs nouvelles viennent alimenter l’ordre du jour, la première concerne la météo qui ne laisse pas de créneaux pour la
tentative du sommet avant le 22 ou 23 mai. Dans l’ordre des choses, après notre
incursion au Camp III, nous étions prêts pour une tentative que je vous cachais
bien sur…(car il devait y avoir un créneau vers le 17), mais les routeurs météo
déconseille, la fenêtre météo est vraiment courte et s’il y a beaucoup de monde,
le risque est plutôt élevé. Conciliabule…..et pour suivre la logique des grosses
expés, habituées à gérer ces contretemps décision de reporter vers le 23 ou 24
en fonction. Alors, profitez bien de ces quelques jours de répis
complémentaires, car je vais retarder mon vol retour de quelques mois ( pardon,
de quelques jours compte tenu de ces événements nouveaux). Ce qui me fait donc
7 jours de repos complémentaires….déjà
que 3 jours ça commençait à être long au CB, alors là 7 jours, je vais voir,
peut-être redescendre dans la vallée dans un village à 1 jour de marche et à
plus basse altitude….
Pour le reste, les Sherpas
ont fêté ( et bien sur m’ont invité) leurs 1000 è Kg de déchets redescendu au
camp de base. C’est la femme de Pemba tenjei qui conduit le troupeau de 14 Yaks
venus chercher les déchets pour les emener au four de Namche Bazar. Toutes
ces opérations ont été conduite sous le
regard du représentant de la SPCC (Sagarmatha
Pollution Contrôle Commitee). Et
voilà donc la deuxième nouvelle qui
tombe, nous serions la première expédition française à faire ce travail de
nettoyage. Concluez vous-même, vous êtes en train de soutenir « une
première mondiale française » ou « une première française
mondiale », y a de quoi êtres réjouis et fier. Il y a bien autour de nous
3 autres expé qui font la même chose (quoique….) une américaine, une népalaise
et une mixte (américain, allemands, canadien…). Mais pour le 100 % Français,
vive, nous !!!!!!!!!!!! et cocorico mayennais, je sais pas comment il
chante celui là. En tout cas, si notre coq a les pieds dans le purin, ici on a
les pieds dans les décharges quand on bosse. Je crois qu’on va accélérer la com
en rentrant….
La troisième,
c’est que je ne vais pas vous bassiner pendant ces jours de repos, ni pendant
cette tentative, car pour le premier, il n’y aura rien de nouveau et pour le
deuxième, j’aurais d’autres chats à fouetter, quoique les chats, ça ne coure
pas les rue ici. Donc à dans bientôt.
Et pour finir, les
mathématiciens qui se croient malin en multipliant le nombre de pieds pour
obtenir le nombre de chaussette, c’est oublier que les Sherpas vivent aussi de
dons pour le matériel alpinisme. Dans ce cadre on leur donne souvent du
matos en fin d’expé. Il se trouve donc que l’on a donné à Pemba une paire de
chaussure en 45, lui qui chausse du 42, voilà pourquoi, il y a plus de
chaussettes que que de pieds. les sherpas ne s’encombrent pas de détail, ils
enfilent, 3, 4 paires s’il le faut pour être à la pointure requise…
11 mai 2010
Camp III 7 113 m
Petite précision à lecture de tous vos commentaires, moi, je ne suis pas encore allé à 8 000, seule une équipe de 5 Sherpas est montée au col sud pour le moment et pour enlever des détritus. Le col sud pour moi, c'est l'avenir des prochains jours, sous réserves de météo....
Nous sommes le 11 mai et nous
rentrons tout juste d’un gros run en
altitude. Nous sommes allés dormir au camp III à 7 113 m sans oxygène
pendant la nuit pour moi mais avec pour les Sherpas. Donc voilà ma première
expérience de la très haute altitude. Vous verrez, tout a changé, nous avons
mis les pneus neige et l’option grand froid. Bien nous en a pris, car pour la
montée sous le soleil, les pointes de vents avoisinaient allègrement les 60
KM/H. Mais ce matin à la descente, là, véritable tempête avec à mon avis des
points supérieures à 90 KM/ H. de toute façon c’est pas compliqué, on était
nous trois et deux autres personnes à cette altitude ce jour…bon, on a fait
d’une pierre un seul coup, on est redescendu direct au camp de base soit un
différentiel de 1 800 m environ, toujours dans des conditions climatiques
Himalayenne. Moi qui en rêvait, et bien c’est fait. Donc de retour au camp de
base après des heures plus dures. Là haut, fini le confort, je partage ma
tente avec les Sherpas, c’est très
sympa, mais faut pas être trop chochotte. Disons que pour faire simple, nous
n’avons pas la même conception de l’hygiène. Ce qui fait qu’à trois dans la
tente = 8 paires de chaussettes + 3 corps ayant transpiré le même nombre de
jours depuis le début de l’éxpé, mais n’ayant pas la même moyenne de passage à
la douche (comprenez…). Et pas non plus la même moyenne au lavomatic. Mais
c’est aussi pour ça que j’ai conçu expédition sans autres européen, pour
pouvoir partager tout les moments de la vie de ces Sherpas, hommes des
montagnes et voués corps et âmes à ces montagnes et à leurs clients. Donc nuit
à 7 113 m conforme aux attentes, c'est-à-dire n’importe quoi. Tu te
couches à 18 h 30, tu essaies de t’endormir avec le cœur à 110 puls et le
souffle comme si tu marchais vite. Tu crois avoir dormi 3 heures, tu regardes
ta montre et il est 19 h10……et là faut que tu tiennes jusqu’à 5 H du mat coincé
entre la toile de tente, un sherpa qui ronfle comme le Yéti, les sacs à dos,
les vivres et la toile de tente, tu as le temps de méditer sauf que le vent
emporte tes idées, que bien évidement, une malformation neigeuse sous ton
matelas te mets le dos en vrac…..mais pour rien au monde je n’aurais loupé ce
couché de soleil à 7 000 m et j’attends impatiemment celui du col sud à 8 000
m. Véritablement, de fabuleux moments de montagnes, indescriptibles, dur, car
les pentes de la face nord du Lhotse qu’il faut gravir à bout de corde (au
jumar pour les initiés) sont très sévères. Je vous laisse admirer quelques
photos de hautes montagne, mais aussi de la décharge du camp II. Lors de notre
jour de break au camp II, je suis allé me baladé et là horreur, une fois la
neige fondu, on découvre de belles décharges, bien dégueulasse, dommage
qu’internet ne fasse pas encore passer les odeurs, car certains ou certaines
d’entre vous nous aurait bien fait un petit vomi…..
A dans bientôt, demain, 12
mai, 10 Yaks appartenant à la femme de Pemba Tenjei, viennent enlever la
première salve de sac de déchets triés. Je vous en ferais compte rendu.
07 mai 2010
Col sud 7 920 m " la plus haute poubelle du monde"
Nous sommes le 7mai, un
contretemps ne nous a permis de décoller
vers le camp II, aussi, c’est une nouvelle journée de repos qui s’offre à nous.
Et quelle surprise, vers 9 H 30, notre horde de sherpas nettoyeurs, redescendant
pour les uns du camp II et pour les autres du col sud au camp IV à 7 920
m. Nous touchons là la plus haute poubelle du monde, et oui, ce n’est pas une
erreur d’appelation, nos sherpas nous le confirme à presque 8 000 m, c’est
bel et bien sur une vaset poubelle que sont installées les tentes et campements
des assaillants du toit du monde. C’est marrant, à chaque fois que je parle aux
autres expéditions de ces zones de décharges, ils sont l’air tout surpris et
surtout qu’à moitié interessé que je leurs brise un peu leur rêve….moi ça me fait
marrer de leur mettre le doigt là où ça fait mal.
Pour les photos, excusez la
qualité, mais pour certaines, nous sommes à 8 000 m et les sherpas ont
décidé de travaillé sans l’oxygène que nous leurs avions fournis…on ne les
changera pas ces entêtés…
Bon, je vous passe les photos
des déchets du camp II qui sont sensiblement les mêmes que le 6 mai et je vous
laisse admirer, montagne, col sud et déchets de tès haute altitude.
Bon, demain le 8, nous
repartons en campagne d’acclimatation.
A très bientôt
06 mai 2010
tri sélectif au camp de base le 6 mai 2010
Nous sommes le 6 mai,
deuxième jour de repos après notre premier grand run en haute altitude. La
météo est assez maussade, c'est-à-dire gris, grêle et un peu de neige, le tout
mélangé avec un peu de soleil de temps à autre. Le fond de l’air n’est pas frais,
mais du grand bleu m’irait bien quand même.
Donc, pas de longue histoires
à vous raconter, je vous laisse admirer le travail de tri sélectif opréré ce
matin avec les sherpas. Ça m’a permis de faire beaucoup de photos et de vidéo.
Vous comprendrez quand vous visonnerez les photos qu’elles n’aient pas toutes
un commentaires, car il y a redondance dans la nature des déchets :
Fer et ferrailles diverses dont petit morceau
d’hélicoptère…
Tissus, couvertures, vieilles chaussures…
Vieilles cordes….
Nourriture à foison dont boîtes de conserves non
ouvertes, barres de céréales, paquets de haricots….
Bois
Plastiques en pagailles…
Les déchets proviennent de
toute les dates, les plus rouillés peuvent avoir plusiueurs dizaines d’années,
tandis que nous trouvons des cadavres de San Miguel qui doivent à peine dater
de l’année dernière. La plus vieille des
boutilles d’oxygène date de 1972, c’est vous dire…
Parmis ces déchets, certains
(205 KG environ) proviennent du camp II
à 6 400 m et ont été redescendus par les sherpas. Au total avec cette
campagne du du Camp II et les premières
campagnes autours du camp de base :
21 sacs de 30 KG chacun = 6 30 KG
11 bouteilles d’oxygènes = 55 KG
Total 685
KG
Il nous reste encore 20 sacs
à remplir, je vous laisse comptabiliser, sachant que l’on va bien encore
trouver au moins une dizaine de bouteilles d’oxygène en plus….
Lors de notre prochaine
visite au camp II, je tacherai de faire des photos plus éloquentes si la neige
a fondu et qu’elle révèle ses secrets….
A bientôt.
04 mai 2010
Du camp de base au camp II à 6 400, acclimatation et chasse au déchets
Premier mai, départ matutinal
comme d’habitude. Nous arrivons au camp I après 4 h 30 d’effort dans l’Ice
fall, mais les paysages et les sensations sont tellement étonnantes dans ce
dédale de séracs qui dépassent parfois 50 m de haut, c’est fabuleux. Parcourir
l’Ice fall à la frontale est un gage de sécurité comme partout en montagne,
dans les passages exposés. Les sherpas, qui sont bien plus acclimatés que moi
filent directement au camp II, alors que nous, nous nous arrêtons au camp I.
très belle fin d’après midi se terminant sous le mauvais temps et la neige. La
montée au camp II le lendemain se fait dans la brouillasse mêlée d’éclaircie,
un ciel étrange auxquels les gens ne sont pas habitués ici. Ici, c’est plutôt
soit grand bleu, soit tempête, les giboulées, connaissent pas…
Arrivée au camp II et Thé,
Thé, Thé, chocolat, bref tout ce qui peut hydrater le corps, car en altitude,
la déshydratation est très forte. Il faut donc boire, beaucoup, jusqu’à 5
litres disent certaines personnes, bon après il faut gérer les sorties de
tentes à 6 400 m en pleine nuit et se remémorer les 5 litres buts dans la
journée, le lendemain, vous vous arrêtez, à 2 litres…
Nuits, venteuse, limite tempétueuse, sans sommeil ou du moins avec le sommeil de la haute altitude,
c’est à dire, n’importe quoi, avec des rêves encore plus n’importe quoi et le
matin, une bonne céphalée, rappelant que nous sommes toujours en phase
d’acclimatation. La journée suivante fut partagée entre lecture, Ipod, et
ballade entres les giboulées. Au soir, un magnifique coucher de soleil, comme
seule la haute montagne nous en réserve. Une pureté de ciel incroyable, des
couleurs fascinantes, et surtout, au pied de Sagarmatha dans ses derniers
rayons dorés. (là je vous ait fait pleurer ? non ?).
Ah, j’oubliais, comme il ne
faisait pas très beau à 6 400 m, les sherpas sont partis au nettoyage et
ont ramené quelques 106 KG du camp II. Quand je vous disais poubelle, vous en
jugerez sur les photos.
Autre particularité, le camp
II est le tremplin vers le camp III et le camp IV que nous voyons bien là d’où
nous sommes. Alors désolé, mais les norias de Sherpas de
toutes les expéditions se succèdent sur ces pentes glacées entre 7 200 et
7 920 m pour acheminer toutes les tentes, les vivres et l’oxygène pour les
membres qui tenteront le sommet comme nous. Ce jour 4 mai, le sommet n’a toujours pas été ouvert.
Il faut que je vous informe que ce sont des équipes de Sherpas spécialisés qui
mettent les cordes en place jusqu’au sommet et ensuite redescendent avant que quiconque
s’aventure sur l’arrête sommitale.
Nos sherpas partitont demain
le 5 mai en direction du col sud à 7 920 m d’une part pour poser notre
matériel, mais surtout pour opérer une première opération à cette altitude,
dans la zone de la mort.
Pour, Pemba A, Pemba B et
luc, repos deux jours avant de repartir vers le camp III à 7 200m.
Concernant Pemba B, que vous avez en portrait, Pemba Tenjei Sherpa, je reviendrais plus longuement sur lui. En
2 006, c’est lui qui a effectué le sauvetage hautement improbable ce cet
australien ou autrichien ( à confirmer) qui délirait sur la descente entre 8 848 et 7 920. Un
film a d’ailleurs été fait sur cet événement dont certain de vous m’ont parlé.
Et bien, c’est PembaTenjei Sherpa, au risque de sa vie qui l’a forcé à la descente
en lui donnant son oxygène en ramassant toutes les affaires qu’il laissait
tomber, bref, 26 heures, de sauvetage à cette altitude, tout simplement un
mutant. Moi, je dis, c’est pas sur l’australien ou l’autrichien qu’il fallait
faire un film, mais sur Pemba Tenjei Sherpa. Et dire qu’il m’accompagne tout les
jours, une gentillesse hors du commun, une force de la nature…10 fois au soemmet de l' Everest....mais on en
reparlera.
30 avril 2010
Madame météo s'en mêle.....
Nous sommes le 30 avril 2010,
nous devions partir pour le camp I et II, mais la météo en a décidé autrement, un mauvais temps nous a fait nous
recoucher après le petit dèj de 3 h 30. Je me réveillais bien plus tard, vers
les 9 h 30. Ciel toujours capricieux et dangers sur les camps d’altitude. La décision
de Pemba de renvoyer tout le monde au lit pour attendre le 1 er mai est la
bonne, chacun sait qu’en terme de météo, on ne joue pas avec la montagne et
encore moins avec Sagarmatha. Et oui, ici nous travaillons le 1 er mai, tout du moins les Sherpas. Tout le monde a
donc laissé son sac dans la tente mess et a rejoint son duvet prévu pour – 20°
C.
Alors, une nouvelle journée à
s’occuper, heureusement mon Ipod a retrouvé son énergie, et j’ai passé deux
heures cet après midi entre ses écouteurs. Que vous raconter d’autre, si ce n’est
que ces journées sont consacrées à la lessive et autres petits plaisirs. Comme il
ne faisait pas beau, les Sherpas, ne
sont pas allés à la course aux déchets, mais ils ont quand même ramené 29 kg en
se balladant comme ça les mains dans les poches, vous verrez sur les photos, on
a les noms des expés….j’ai aussi tenté quelques photos d’artistes pour vous
changer…..
ci-dessous le compte rendu
des déchets ramassés :
le 27 avril 2010 : 231 KG
le 29 avril 2010 : 29 KG
depuis le début : 10 bouteilles Oxygènes = 45 KG
total : 305 KG
Galerie de Portrait :
dans le nouvel album photo, nous avons fait une série de portratit de notre
team, ils sont vraiment les meilleurs du monde et les plus gentils. Ici au camp
de base, des sherpas viennent solliciter pemba pour faire partie de notre
équipe, c’est dire si le projet commence à faire du bruit et même si nous ne
sommes pas les seuls à jouer les éboueurs, Pemba a comme moi la culture du
résultat et on attends patiement la fin du jeu.
Demain, on repars pour le
progarmme ajourné de ce jour, à dans quelques jours. Attention, les sherpas se dirigent vers les décharges
supérieures, tandis que nous nous dirigeont vers les camps supérieurs(sic….),
mêmes routes, mêmes itinéraires, mais objectifs différents.
29 avril 2010
40 ans......
Nous sommes le 29 avril, jour
de repos avant de repartir pour 3 jours d’acclimatation entre le camp I et le
camp II à 6 500 m. La soirée d’hier a été super, nous avons mangé tous
ensemble avec le team complet des sherpas, cook et aides cook, soit 17 personnes.
Nous avons partagé un Dal bath excellent et nous avons fini dans la tente mess
autour d’un superbe gateau et d’un coup de vin rouge pour moi, et pour les
Sherpas, un espèce de mélange de Whyski et d’eau chaude. Ce fut un vrai régal
et un vrai plaisir de partager ce moment avec toutes l’équipe.
Ce jour, 29 avril, bain de
soleil au camp de base et lecture, je suis un en rogne, l’Ipod avec ses 2055
morceaux de musique (soit 7 jours d’écoute….) est bloqué et ç’est embêtant pour
les longues attentes….passer 2 heures à écouter de la musique, c’est pas mal,
si je ne fais que lire, les 1 600 pages que m’a préparé Barbara vont être
vite finies…bon, on va surement trouver une solution avec Pemba. Figurez vous
que j’ai perdu un cache latéral sur une
paires de lunettes de soleil ! embêtant, quand on se promène sur les
glaciers entre 5 360 et 6 500 m. Eh bien Pemba, lors de son tri
sélectifs du 28 avril avait mis de coté une vieille paire de lunette Julbo
qu’il avait trouvé parmi les autres déchets au cas où….bien mal lui en a pris,
j’ai récupéré le cache de cette vieille paire à qui il manquait un verre et qui
était cassée en deux et hop, le tour est joué, réparation de fortune, mais réparation quand même ! Bon, pour l’Ipod, ça va peut être pas être aussi facile, mais
il doit y avoir un solution quelque part. Voilà pour les petit plaisir des
jours de repos au camp de base, chacun vaque à sa lessive, à sa douche, à la
révision de son matériel.
Donc prochaines nouvelles,
prochaines photos et prochaine campagne de collecte de déchets autour du camp
II dans quelques jours au retour de l’acclimatation.
Merci beaucoup pour tous vos
messages pour mon anniversaire, ça fait chaud au cœur de savoir qu’à l’autre
bout du monde, plein de gens pensent à vous.















